Blog de Mode : L’histoire des talons revisitée

Blog de Mode : un peu de culture …

Les premiers talons hauts auraient été portés par les bouchers de l’ancienne Egypte, désireux de s’élever au-dessus du bain de sang provoqué par leurs travaux. Quelques siècles plus tard, Catherine de Médicis se fait fabriquer des talons pour être à la hauteur du duc d’Orléans, qu’elle s’apprête à épouser. La cour de France adopte aussitôt la trouvaille. La première raison d’être du talon est donc idéologique. Il matérialise l’élévation sociale de son propriétaire. Au 17e siècle, une surélévation de 12 centimètres au moins était devenue un passage obligé pour les nobles des deux sexes.

Les palais d’avant la Révolution étaient donc peuplés de perruqués vacillants cherchant à avancer la tête haute malgré le handicap de ces improbables chaussures. Logiquement, la Révolution n’a pas seulement coupé des têtes: elle a mis toutes les semelles à plat. Mais pour quelques décennies seulement car le talon haut, comme chacun peut le constater, est bien revenu entre temps.

D’après certains auteurs*, c’est à l’occasion de sa deuxième naissance que le talon devient principalement érotique. Il aurait en effet réapparu au 19e siècle aux pieds des filles de joie. Les honnêtes femmes l’auraient ensuite adopté, refusant de laisser un tel avantage à leurs rivales : courbe accentuée des reins, fesses propulsées vers l’extérieur : autant d’arguments ultra-compétitifs qu’elles se sont empressées de reprendre.
Assez logiquement, côté hauteur, la course aux armements a suivi. Chaque saison voit défiler des chaussures plus vertigineuses les unes que les autres. Il y a quelques années, Naomi Campbell était tombée lors du défilé de Vivienne Westwood pour cause de talon impraticable. A la semaine de la mode de Milan, lors du show Dsquared, la presse a rapporté plusieurs incidents: trois mannequins, après s’être tordu la cheville, ont enlevé leurs chaussures et continué pieds nus. La preuve qu’une nouvelle révolution est proche ? Ceux qui ont observé la scène de près suggèrent une autre interprétation. Dsquared serait en train d’inventer une nouvelle shoe attitude. Portée à la main, la chaussure, enfin libérée du fastidieux devoir de servir à marcher, va pouvoir s’éclater comme jamais ! Bref, on n’est pas prêtes de redescendre sur terre …

*«Haute Pointure» de Colin McDowell, Ed. Robert Laffont.

 
Et pour vous récompenser d’avoir lu tout ce bla bla, une petite vidéo « rafraîchissante » sur l’amour et les chaussures vus par Sergio Rossi

 

2 COMMENTAIRES

  1. bonjour et merci pour l’historique qui pour moi commencé par Catherine de Médicis, désormais j’en serai un peu plus.
    je trouve la pub de chez Sergio Rossi excelente comme leur modèles de chaussures
    salutations

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